C'est une fluxion approchant du rhumatisme, causée par la suppression d'une grande sueur, ensorte que le cheval fourbu ne peut marcher qu'avec peine & douleur : or ce mal peut arriver lorsqu'après un travail excessif, on laisse refroidir un cheval, ou qu'on le mene à l'eau. Les chevaux qu'on laisse trop long-tems dans l'écurie & qui mangent trop d'avoine, peuvent devenir fourbus ; car la Fourbure est souvent accompagnée de gras fondure : la Fourbure la plus dangereuse est celle qui est accompagnée de fiévre.
Les chevaux Fourbus seulement du train de devant, peuvent se guérir facilement, mais il n'en est pas de même s'ils le sont des quatres jambes, car alors ils ne peuvent avancer ni reculer, & ne veulent point manger.
Dans cette maladie on doit d'abord empêcher que les humeurs répandues dans les nerfs des jambes ne tombent sur les pieds.
Remede. Dès que la Fourbure se fait connoître, saignez le cheval du col, mêlez dans son sang une chopine d'eau-de-vie : de ce mêlange frottez-lui les jambes audessous du genouil : sondez-lui dans les pieds & autour de la couronne, de l'huile de laurier bien chaude, faites tenir le tout avec de la filasse & des éclisses : une demi-heure après, faites-lui avaler deux onces de bonne thériaque, quatre onces de sel de tartre en poudre, dans une pinte de vin ; on doit le laisser bridé deux heures, puis lui donner un lavement avec deux onces de policrête ; lui donner à manger du son & de la paille, & réiterer ces remedes. Si le mal étoit tombé dans les pieds, le meilleur remede est de barrer les veines dans les paturons, mais avant que les croissans soient formés sous la solle, c'est-à-dire, qu'il faut faire des incisions de haut en bas sur toute la couronne, & percer le cuir pour faire évacuer l'humeur.





FOURBURE, maladie des chevaux